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Qu’est-ce qui peut empêcher Sadio Mané de gagner le Ballon d’Or ?

Comme en 2019, Sadio Mané est cité comme l’un des potentiels vainqueurs du Ballon d’Or. Mais pour succéder à Georges Weah, qui est le seul Africain à avoir remporté cette distinction, de nombreux obstacles se dressent devant le chemin déjà caillouteux du Sénégalais.

C’est une distinction qui est très prisée par les joueurs. Le Ballon d’Or hante le sommeil des compétiteurs. Tout footballeur de classe mondiale aimerait voir son nom gravé en lettres d’or et associé à un cercle restreint d’heureux élus. Ces personnes que le football, quelquefois injuste car teinté de partialité quand il s’agit de récompenser individuellement, n’oubliera jamais. Même si Sadio Mané ne le clame pas publiquement, le Sénégalais doit avoir cet objectif inavoué dans un coin de la tête. Connu pour son humilité, le natif de Bambali met en avant les trophées collectifs. Il a beau se réfugier derrière sa modestie, ses performances sur le terrain parlent pour lui. Le joueur formé par Génération foot offre le premier titre continental au Sénégal. Il finit meilleur joueur de la compétition. Insatiable, il envoie les Lions de la Téranga à la Coupe du monde. Une deuxième qualification d’affilée. Ce qui n’était jamais arrivé. Avec les Scousers, même repositionné au poste d’avant-centre, il surprend. Il se bonifie même. Au point d’attirer désormais sur lui les projecteurs. Mohamed Salah, qui garde peut-être les séquelles de sa finale perdue et son élimination pour la qualification à la Coupe du monde, perd son efficacité. Que ça soit lors des compétitions domestiques ou en Ligue des champions, le Diato nous gratifie de ses talents de buteur. Tous ces exploits peuvent malheureusement ne pas suffire. Pour différentes raisons.

Benzema, le plus gros écueil

Voir le Real Madrid sortir des griffes de Manchester City doit révolter les fans de Sadio Mané. Car dans cette équipe merengue, un joueur ne cesse de repousser les limites de l’irrationnel: KB9. Karim Benzema est le plus gros écueil dans la course au Ballon d’Or pour le Sénégalais. Une élimination de la Maison Blanche aurait peut-être pu jouer en faveur du Champion d’Afrique. Mais encore une fois, les Madrilènes ont, cette édition, l’appétit vorace dans les soirées européennes. Les Espagnols ingurgitent les Skyblues. Et le Français brille à nouveau lors de cette affiche prestigieuse. Après avoir vu l’ouragan Rodrygo déferler sur la défense des Citizens. Le Français sait qu’il est important de marquer les mémoires collectives lors des nuits étoilées. En tant que patron du Real, même quand le bateau tangue, cela suscite un sourire goguenard en lui. C’est un leader, la terreur des défenses adverses. Il les pousse même à la faute, pour les sanctionner ensuite. Gianluigi Donnarumma et Edouard Mendy font partie des victimes de l’ancien Lyonnais. Il porte presque à lui tout seul le poids de son équipe. Au-delà de la Liga (26 buts marqués et 11 caviars délivrés), il le prouve contre des adversaires coriaces. Il illumine le Bernabeu contre le PSG. Il éteint Stamford Bridge, avec à chaque fois un triplé à la clé. Il empêche Pep Guardiola de se racheter de sa finale perdue contre Chelsea en qualifiant ses coéquipiers en finale. Il comptabilise cette saison 50 buts et 14 passes décisives en 52 apparitions. Là où le Sénégalais ne compte que 24 buts et 4 passes décisives en 53 rencontres.

Liverpool ne fait pas bloc autour de Sadio Mané

Au Real Madrid, tout le monde est derrière Karim Benzema. Même le président Florentino Perez est monté au créneau pour soutenir son attaquant pour qu’il gagne le Ballon d’Or. Après le sacre du club en championnat, le boss de la Casa Blanca ne passe pas par quatre chemins: « Benzema a été bon. Personne ne peut douter qu’il remportera le Ballon d’Or. Ils ne peuvent pas le lui enlever », somme-t-il au micro de Movistar La Liga. Carlo Ancelotti lui emboite le pas. « Le Ballon d’Or? Il n’y a pas de si ou de mais. Je pense qu’il va le gagner », déclare l’Italien dans des propos rapportés par TuttosportMarca fait campagne pour l’international tricolore. Le quotidien le plus lu d’Espagne voit le Français « seul dans la course au Ballon d’Or ». Ses compatriotes ne dérogent pas à la règle. La presse française, dans une large majorité,  s’active pour le natif de Lyon. Ce dont ne bénéficie pas Sadio Mané. Car Liverpool, qui ne veut toujours pas trancher, ne fait pas bloc autour de lui. Les Scousers ne pas se rangent pas publiquement derrière le Sénégalais. Alors qu’il est le plus sérieux concurrent de KB9. Les Reds ne souhaitent pas frustrer Mohamed Salah. Jürgen Klopp ne daigne pas se mouiller en prenant position pour le Champion d’Afrique. L’Allemand ne veut pas prendre le risque de perdre sa star, en proie au doute, dans le sprint final. Pourtant, l’Égyptien, quoique désigné meilleur joueur de Premier League, devient un joueur quelconque depuis son retour de la CAN. Il se fait même ravir la vedette actuellement par Luis Diaz, arrivé cet hiver. Le Colombien est plus qu’une alternative crédible à l’attaque de son équipe. Son entrée fait basculer la rencontre contre Villarreal (3-2). Liverpool ne semble pas tirer les leçons du passé. Cet émiettement des voix peut grandement nuire au natif de Bambali. Comme en 2019 où ça joue en défaveur de Virgil van Dijk.

Une guerre d’image

Le Ballon d’Or n’est pas qu’une question de statistiques. Sinon personne n’aurait classé Robert Lewandowski parmi les outsiders. Le Polonais réalise deux belles années au cours desquelles il mérite d’en gagner deux. Au final, il en obtient zéro. Le trophée lui file entre les doigts. La première année, la Covid-19, qui a bon dos, le prive de son sacre. La seconde, Lionel Messi le coiffe au poteau. A la surprise générale. L’Argentin est habitué à briser les espoirs. Virgil van Dijk et Andres Iniesta (ou Wesley Sneijder dans une moindre mesure) peuvent s’estimer s’être fait léser. Cette saison, le Bavarois avance des chiffres incroyables (53 buts et 5 passes décisives en 48 rencontres). Mais l’ancien du Borussia Dortmund peut même ne pas figurer dans le top 3. Parce que cette distinction est avant tout une guerre d’image. Ne soyons pas surpris si Kylian Mbappé figure parmi les trois finalistes. L’histoire révèle que les joueurs qui n’ont pas ce côté scintillant sont relégués au second plan. Seul Modric semble échapper à cette règle. Parce que les deux montres Cristiano Ronaldo et la Pulga ratent leur Coupe du monde. Tous les trophées que les footballeurs moins vendeurs, car moins bling-bling, gagnent peuvent être anecdotiques. Les règles, même si elles ont été modifiées*, ne sont jamais les mêmes pour tout le monde. Car une grosse part de subjectivité entoure ce scrutin. Certains journalistes ne font guère d’impartialité et votent parfois pour des noms. Et Sadio Mané est bien placé pour le savoir. En 2019, avec 347 points, il échoue certes au pied du podium, mais loin derrière CR7, troisième (476 points).

Le palmarès peut ne pas suffire

Sadio Mané réalise une très belle année. La meilleure de sa carrière. Après la CAN et la Carabao Cup, le Sénégalais a la possibilité de gagner trois autres trophées: Premier League, FA Cup (finale contre Chelsea samedi 14 mai) et Ligue des champions (finale contre le Real Madrid le 28 mai). Mais faire un quintuplé peut ne pas satisfaire les votants. Parce que la majorité des Européens considèrent la Coupe d’Afrique des nations comme une compétition low cost. Elle n’a pas assez de valeur à leurs yeux. En 2019, l’Europe vote massivement pour Virgil van Dijk. Les journalistes européens peuvent faire la même chose en mettant en avant Karim Benzema. Ils peuvent être sourds face au chauvinisme sénégalais et sa voix grave. Quid de l’Afrique? Il y a trois ans, Riyad Mahrez offre le deuxième succès continental à l’Algérie devant Sadio Mané. Mais aucun des deux n’arrive en tête. Lionel Messi, contre toute attente, occupe la première position, avec 187 points. Pire, seulement 24% des journalistes africains font du natif de Bambali leur choix numéro un. Au moment où l’Argentin récolte 55% des voix en Amérique du Sud. Comment ne pas donner raison à Samuel Eto’o? L’actuel président de la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT) se plaint à juste titre que le continent ne valorise pas assez ses champions. Les Africains ne lacheront-ils pas à nouveau le Champion d’Afrique? Leur objectivité sera épiée. Comme la performance de Sadio Mané au au soir du 28 mai au Stade de France. Le Scouser est attendu pour livrer une grosse bataille contre le gladiateur Karim Benzema. Une prestation majuscule pourrait peut-être semer le doute dans la conscience du jury.

* les 100 premiers pays au classement FIFA seront « qualifiés » pour voter pour les hommes. Les critères sont:

1 Performances individuelles et le caractères décisif et impressionnant des prétendants

2 Les performances collectives et le palmarès accumulé au cours de la saison

3 La classe du joueur et son sens du fair-play

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